Traditions

PAYSAGES DE CAMARGUE

En Camargue, ce que l'on voit en premier, c'est bien sûr le savant mélange des eaux douces ou salées et des terres composant d'inoubliables et si particuliers paysages aux lignes pures se perdant dans un infini d'azur. Mais ce pays ne se dévoile pas au premier impatient, sa découverte se mérite. C'est ainsi en s'enfonçant dans les terres, en pénétrant respectueusement au coeur de ce milieu naturel sauvage et préservé, que le visiteur aura le privilège d'assister à l'envol majestueux des flamants ou au galop frémissant des chevaux sauvages. Pour parfaire ce tableau incomparable mais quelque peu statique, les hommes y ont mis la vie, s'appuyant sur les éléments de la nature. De l'eau de mer, ils ont extrait le sel et les siècles passant, les techniques se sont perfectionnées pour arriver de nos jours au niveau industriel le plus élevé. Un facteur naturel y perdure, et non le moindre : le soleil omniprésent qui permet l'indispensable évaporation ; soleil aussi nécessaire que la terre et l'eau pour la culture du riz, aujourd'hui en grande expansion. Les parties sablonneuses sont un terrain de prédilection pour y faire pousser les asperges et les vignobles y donnent des vins typiques à déguster bien frais.


TERRE MYTHIQUE OU TERRE MYSTIQUE ?

Ce sont les Romains qui les premiers mentionnent les chevaux de Camargue dans leurs écrits. Pourtant il n'est pas interdit de penser que les hordes sauvages venues de lointaines contrées orientales se sont installées en Camargue bien avant. Si de nos jours, on ne rencontre plus de troupeaux sauvages, on peut quand même voir les chevaux s'ébattre en liberté, attendant de montrer leurs talents. Talents dûs tout particulièrement à la rusticité que le cheval a lui-même assimilée : celle du climat, du sol, et par-dessus tout du travail du taureau. Autre animal emblématique de la culture camarguaise : le taureau. Depuis la plus haute antiquité, la présence de bovins de race foncée en Camargue a été relevée. Aujourd'hui le taureau fait non seulement parti de ce milieu mais il déclenche les passions et symbolise une grande partie de son caractère, voire de son âme. Elevé en liberté et en manade, le taureau est au centre de toutes les fêtes locales et prétexte à toutes les réjouissances. Abrivados, bandidos, courses camarguaises, jeux taurins, encierros et ferrades... Sans être aficionado, c'est tout un esprit festif qui vous attend et ce tout au long de la saison estivale.


LES TRADITIONS CAMARGUAISES

La "course camarguaise" née au début du siècle est un jeu entre raseteurs et taureaux au cours duquel les hommes cherchent par l'art du raset à enlever une cocarde fixée entre les cornes de la bête. Par sa combativité et parce qu'il anticipe même les actions, le taureau devient la véritable vedette de la piste. Et dans ce jeu, il est bien difficile de savoir lequel s'amuse le plus, de l'homme ou de l'animal ! Les taureaux sont amenés aux arènes, encadrés par les gardians, c'est l'abrivado. Quand ils les ramènent aux prés, c'est la bandido. Attention! Les jeunes gens les plus téméraires cherchent alors à faire s'échapper au moins un taureau, c'est là le jeu... Et puis venez donc faire la fête dans un des villages du cru, vous comprendrez tout...


Petit lexique de la bouvine :


« Attrapaïre » :
atrapaire ou agantaire. Du provençal signifiant empoigner. Nom donné aux gens qui tentent d'attraper les taureaux au cours d'une abrivado, ou d'une bandido, pour les faire échapper. C'était la revanche des gens à pied par rapport aux gens à cheval.
« Bioù » : Littéralement : boeuf, taù bistourné. Peut se trouver aussi : buòu
Taureau de Camargue, nom donné au cocardier.
« La Fé di bioù » : Le goût, l'amour et la passion pour les taureaux de Camargue sans oublier les chevaux qui pousse les populations dans les rues des villages pour participer, ou admirer, les jeux taurins.
« Bandido » : Consiste à conduire les taureaux aux prés, en fin d'après midi, après la course (c'est le contraire de l'abrivado). Du provençal "bandi" : délivrer, lâcher. Littéralement : débandade. Les taureaux peuvent être conduits un par un escortés par les gardians, c'était le moyen le plus sûr de ramener les taureaux de la course, des arènes vers la manade avant l'apparition du char. Aujourd'hui, la bandido est devenue un spectacle taurin qui garde toute son authenticité. Mais les taureaux qui sont utilisés ne sont plus ceux qui ont couru dans l'arène.
« Concours de manade » : Course dont les taureaux sont fournis par différentes manades.
« Capelado » : De capel, chapeau en Languedocien.
Entrée et salut des raseteurs à la Présidence et au public, juste avant la course.
« Simbeù » : Mistral traduit Simbèu par enseigne, point de mire.
Taureau dressé, qui obéit à la voix et à qui a été inculquée la peur de l'homme, pour aider les gardians dans leur travail en pays ou dans les arènes. On pourrait dire qu'il est au gardian ce que le chien est au berger. Il a toujours une sonnaille pendue au cou. En Provence, il est aussi appelé dountaïre ou dompteur.
« Encierro » : Divertissement taurin où des taureaux (ou des vachettes) emboulés sont lâchés dans un périmètre barricadé à travers les rues d'un village ou d'une ville.
Du castillan "encerrar" : enfermer .
Généralement, ils ont lieu en soirée pendant les fêtes votives ou en hiver, le dimanche, en attendant le loto du soir, en trompant l'ennui de la morte saison.
Synonyme : Embarrage
« Ferrade » : Marquer les veaux. 
Opération qui consiste à appliquer sur la cuisse gauche de l'anouble, la marque (signe de reconnaissance, proche des armoiries, ) de la manade* et à pratiquer l'escoussure*.
C'est l'occasion d'une grande fête aux prés, chez le manadier.
Cette nécessité de marquer les bêtes pour les reconnaître, serait à l'origine des jeux taurins.
« La bouvine » : désigne l'ensemble des taureaux et par extension tout ce qui a trait au taureau de Camargue
« La course camarguaise » : Appellation officielle de la course libre, course à la cocarde, reconnue comme spectacle sportif depuis 1975.
Le plus ancien témoignage sur l'origine de la course camarguaise remonte en 1402 en Arles : une course avait été donnée en l'honneur de Louis II, Comte de Provence.

Les courses sont classées suivant leur nature:
  • La "super Royale": Les six meilleurs taureaux d'un même élevage.
  • La "Royale": Six taureaux d'un même élevage
.
  • Le "concours de manades": Course composée de taureaux de plusieurs manades sans qu'il y ait véritablement compétition entre elles.
  • La "course de Taù": Course de taureaux non castrés
.
  • La "course de vache cocardières": Course de vaches exclusivement.
  • La course de taureaux jeunes et/ou neufs.
  • La "course de Protection": Course de jeunes taureaux rasetés par des raseteurs débutants (stagiaires).

« L'abrivado » : Les taureaux sont lâchés d'un bout à l'autre de la rue du village, encadrés par les gardians à cheval. La population essaye alors de les faire échapper en rompant les barrières formées par les gardians...